Sur sa branche,
Désespéré
Il attend.
Son bec est jaune,
son corps sombre,
si gris, si triste
ondule doucement.
Sa branche n'a pas de feuille
ni de fruit
c'est une branche sèche
couverte de mousse
par endroits.
Il se laisse tomber
comme une pierre
et soudain bat des ailes.
Il court dans l'air
il chante
il tourne
il tourne encore
il monte, il descend
et se pose sur
sa branche.
Il attend.
par JFP
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Un automne qui ne vient pas
malgré novembre finissant,
malgré un soleil vaincu et fatigué.
Un automne infini
larme d'oubli,
un automne fait de vent
et de silences,
un automne en dents
de scie minuscules.
Un automne qui recule
et qui devra céder sa place
sans avoir joué son rôle,
sans avoir déclenché
les violons monotones,
sans avoir blessé mon coeur.
Fuis donc automne,
Hiver puissant et sûr
fera en quelques jours
le travail ingrat
que tout ton art aurait pu sublimer.
Va,
et souviens-toi de nous.
Nov. 2006
par JFP
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Dimanche 10 décembre 2006
La terre est là, basse.
Elle s'égraine en miettes ocre foncé
à perte de regard
A nue, les machines humaines
l'ont retourné, l'égalisant mécaniquement.
La terre est là, grasse
De près elle montre toute la complexité
et la richesse de sa texture.
Eléments de vie odorants et agglomérés,
elle est toute tendresse.
La terre est là, lasse
Sans cesse retournée, travaillée, ensemencée
elle donne, fidèle, vie à tout et tous.
Elle a abandonné toute résistance
s'offrant à tous les caprices et modelages.
La terre est là, crasse.
Gorgée de déchets, intoxiquée
Elle meure petit à petit empoisonnée
Mais offrant toujours une belle robe chatain
pour qu'on y sème toujours un peu d'espoir.
Décembre 2006
par JFP
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Dimanche 10 décembre 2006
C'est en marchant que je t'ai rencontrée,
sur les pavés, dans les forêts
au coeur des rues et des marchés
en sens unique et en montée
C'est en marchant que j'ai senti ton bras
que tu as mis tes pas dans mes pas
que tu as chanté pour moi tout bas
des mots doux pour la première fois
C'est en marchant que je suis devenu
un peu moins nu,
qu'un peu plus, j'ai vu
ce qu'il y avait sous les nues
C'est en marchant que je t'ai retrouvée
blessée, bigarrée et déformée
tes mains dans les miennes tu as soufflé
ton nom: vérité.
Nov. 2006
par JFP
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