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Présentation

Lundi 8 janvier 2007
T'aimer...
Au-delà de l'amour,
Dans l'infini des jours...
Sans jamais te frôler,
Sans jamais t'espérer...

T'aimer...
Tout au fond de mon coeur,
Est éclose une fleur...
Qui prend tout son éclat
Dans un regard de toi...

T'aimer...
C'est écouter le vent,
Me murmurer ton nom...
C'est oublier le temps
C'est nier la raison...

T'aimer...
C'est regarder au loin
La trace de ton pas
Qui s'éloigne de moi,
Moi qui ne te suis rien...

T'aimer...
C'est voir dans le miroir
Bien au-delà du tain
C'est t'y apercevoir
Qui me tendrait la main...
(c) Mady

Mady nous quittait le 5 janvier 2007, c'est quelqu'un d'immense qui nous dit au revoir car l'Adieu n'est pas envisageable.


par Mady publié dans : Morceaux choisis d'écrivains
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Jeudi 4 janvier 2007
Les petits pépés qui déambulent,
ont du souci pour leur pécule,
c'est leur famille qui les accule.
Pourtant pépé a bossé comm'une mule
pour gagner l'droit d'coincer sa bulle.
 
Les petits pépés qui déambulent
ne sont vêtus que de vieux pulls,
sont amoureux des libellules.
Faut qu'aucune loi ne stipule
de les traiter comme des nuls.
 
Les petits pépés qui déambulent
respirent avec de grosses canules.
De jour en jour plusieurs pustules,
qu'ils combattent et dissimulent,
n'enlèvent pas l'amour qui les stimule.
 
Les petits pépés qui déambulent
Mériteraient : qu'on les adule,
qu'on leur achète des rotules
que l'on refuse qu'ils capitulent,
que leurs enfants ne les en...

avril 2001

par JFP publié dans : Poésies
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Mercredi 3 janvier 2007
Qui se souvient de Jimmy ?
Peu de monde, c’est certain. Peut-être même pas lui même. C’était un brave gamin d’une vingtaine d’années lorsque je l’ai connu. Personne n’a jamais su comment il avait atterri dans le quartier, mais en peu de temps il fit partie des lieux et vous auriez juré que vous le connaissiez depuis toujours.
A l’époque, posé en terrasses de cafés, je noircissais péniblement les pages d’un vieux carnet en tentant d’y graver des poèmes mémorables. La plupart du temps mon corps finissait par s’imbiber de fumée et d’alcool, brouillant ma vue et empêchant les mots de parvenir jusqu’au carnet. Ainsi allaient les jours, avec des nuits de blues dans des caves, avec des pointes de jazz dans mes entrailles. Je ne pensais pas que je vivrais aussi longtemps pour raconter cela. Et Jimmy ?
Il se débrouillait pour trouver des petits boulots et vivoter tant bien que mal. Dès que vous aviez besoin d’une course, d’une aide physique, vous n’aviez qu’à tourner la tête, et là, dans un coin, près de la porte, où l’on laisse en général les parapluies, vous trouviez Jimmy. Trente secondes avant, vous étiez persuadé qu’il n’y avait rien à cet endroit, et par le simple fait d’avoir besoin de lui il s’était matérialisé !
Bien sûr, vous pensez à la chance, au hasard, au destin et à un tas d’autres sornettes de ce genre, mais pour Jimmy, il s’agissait vraiment de quelque chose de spécial… d’un don. Oui, c’est ça, d’un don. N’allez pas croire que je tente de vous emberlificoter avec des menteries, je suis bien trop vieux pour imaginer des choses pareilles.
On parle souvent de don de voyance, de guérisseurs et autres charlatans aux capacités difficilement prouvables. Pour Jimmy, c’était tout ce qu’il y a de plus démontrable, expériences à l’appui.
Tiens, je revois cette après-midi de fin mai comme si c’était hier : l’air était déjà lourd pour la saison et on sentait qu’un orage menaçait. J’étais en train de siroter mon perroquet (menthe, eau et anisette) de fin de printemps et je ne cessais de le diluer dans de l’eau, si bien que ma boisson avait perdu une grande partie de ses goûts méditerranéens. Je me rappelle qu’après le premier coup de tonnerre je me suis mis à jeter un œil vers le hall d’entrée pour vérifier si j’y avais laissé un parapluie, sans trop me faire d’illusions. Et j’avais raison : trois parapluies et aucun qui ne ressemble à une des épaves que je laisse ici ou là. En ramenant mes yeux vers ma table j’ai croisé mon regard dans une glace. Je me suis surpris : je me suis trouvé fatigué, les traits plus vieux que mon âge, la tenue froissée, le regard triste et inquiet ; le mélange qui je le croyais pouvait faire de moi un écrivain. Cette prise de conscience de mon état et de l’échec qui l’accompagnait me mit dans un état de désespoir formidable. Je ressassais pourquoi ça ne marchait pas, qu’est ce que j’avais raté… Je me replongeais des années en arrière : mes maigres études, mes relations difficiles avec mes parents, avec les filles, avec les autres, avec la vie… Raisons pour lesquelles j’avais besoin d’écrire, bien que je ne sache pas quoi ni comment. Et j’en arrivais à plusieurs conclusions : primo, j’étais un raté banal ; secundo, je n’avais pas plus d’aptitudes à l’écriture qu’à la pêche aux oursins de l’antarctique ; tertio, je … il y a un putain d’orage qui est en train de nous tomber sur le coin de la figure.
A ce moment, je tourne à nouveau ma tête vers le coin des parapluies, attendant un miracle, et… qui vois-je ? Mon Jimmy, oui, lui-même, accompagné de deux parapluies, le sien et une de mes épaves.
– Tiens, me dit-il, j’ai pensé que tu en aurais peut-être besoin, tu l’avais oublié au « café des sports ».
– Jimmy, toujours là pour me sauver, allez assieds-toi que l’on discute un peu.
– J’peux pas, désolé Sam, on m’attend ailleurs.
– Jamais possible de discuter et d’en savoir plus, avec toi, allez, tiens, prends ça, pour le service. 
Je lui glissais délicatement un billet dans sa poche et déjà il avait disparu comme une brume s’évaporant avec les premiers rayons du soleil.
– merci…
Son merci était resté alors que lui s’était déjà envolé.
Raconter cette histoire m’a remis en mémoire que je me faisais appeler Sam, qu’est-ce qu’on peut être con dans ses jeunes années… Et Jimmy, était-ce son vrai nom ? Probablement pas. A l’époque le pseudo comme on l’appelait était quasi obligatoire, seuls les abrutis communs se faisaient appeler par leur vrai prénom.
Mais revenons à Jimmy. C’est vrai que le coup du parapluie, n’est pas une preuve irréfutable, vous avez tous des amis qui vous apportent parfois les choses au bon moment. Mais c’était la première fois que je me décidais à tester le don de Jimmy.
par JFP publié dans : Bouts de nouvelles
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Mardi 2 janvier 2007

Il est là,

assis face à sa petite table,

frêle tête qui émerge

et cherche à savoir.

Il court dans la cour

de tout son âge, vers tout son monde.

Il trébuche, il rechigne,

il trime et recherche,

il s'échigne de tout son être.

Il aime, il déteste,

il pleure, il adore,

il découvre, il ignore,

il apprend ce qu'il entend.

Cours, cours petit écolier,

ne t'en laisse pas compter,

tu as encore le droit de rêver.

Déc. 2006

par JFP publié dans : Poésies
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