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Ici il y a des mots de tous les jours. Cela se veut essentiellement de la poésie, mais qu'est-ce qui n'est pas de la poésie après tout? Oubliez cette question, et laissez glisser vos yeux.
C’est un jour comme un autre, comme dirait l’autre. Tu te lèves le matin et si t’es pas trop bourré tu te lèveras le lendemain sans trop avoir mal à la tête. Bien sûr, y a des chances que tu picoles, que tu sois atteints par la mièvrerie ambiante et même que tu souhaites du bonheur à ton prochain. Mon c… ! Tout ce que tu souhaites et t’as bien raison, c’est de te la couler peinard, te tendre une main vers le frigo et qu’il y ait toujours de la bière. Ouaip, c’est ça Noël, tu ouvres le frigo et t’es sûr de trouver de la bière. Comme c’est Noël, donc, tu descends dans la rue, pour voir ce que ça fait aux autres. Et là, tu ne vois personne. C’est gris, le ciel est bas, si bas qu’il cogne contre ton front. Alors tu pousses un peu plus loin pour voir si il y aurait pas un bon troquet qui ouvrirait ses portes pour réchauffer ton gosier. Que dalle ! Tout est fermé. J’t’en foutrais des Noël comme ça. Alors tu remontes chez toi, par ce que le ciel était tellement bas qu’il est tombé sur le bout de tes orteils, les engourdissant violemment. Tu te trompes de porte car t’y vois plus rien, parce que dans ta rue y a pas de décorations. Tu tambourines comme un malade sur la porte. Peine perdue, j’t’ai dit, tu t’es gouré de porte, c’est la porte de la petite voisine que tu reluques comme un malade et qui s’est tirée dans sa famille, dans le sud, pour y passer les fêtes. Après avoir bousillé tes mains contre sa porte, tu t’aperçois de ta grande stupidité et tu dis quand même « Merci Papa Noël ». Tu remontes dans ta triste piaule de goret et tu te dis que c’est vraiment une sale piaule. De toute façon, c’est pas chez toi, t’as pas envie de faire des efforts, t’es même contre cette put… de notion d’effort. Alors d’un geste ample tu ouvres le frigo et tu constates que même si c’est Noël, y a pas de bière. « Merci Papa Noël »
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